11 mai 2007

Royal et Strauss-Kahn en concurrence pour rénover la gauche et le PS

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Une bataille interne feutrée s'est engagée pour conduire la rénovation du PS après la défaite du 6 mai à l'élection présidentielle, avec, seuls en première ligne, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn en net désaccord sur l'interprétation des résultats.

Eric Feferberg AFP/Archives

Une bataille interne feutrée s'est engagée pour conduire la rénovation du PS après la défaite du 6 mai à l'élection présidentielle, avec, seuls en première ligne, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn en net désaccord sur l'interprétation des résultats.

La candidate malheureuse a déclaré à l'AFP vendredi que, comme elle l'avait annoncé en mai 2006, elle ne serait pas candidate à sa réélection le mois prochain comme députée des Deux-Sèvres, mais elle s'est rangée parmi "les leaders de l'opposition", montrant ainsi qu'il faudrait compter avec elle.

De son côté, Dominique Strauss-Kahn, battu par Mme Royal dans la compétition interne pour l'Elysée, s'est placé jeudi soir en champion de la rénovation de la gauche, disputant ce statut à la présidente du Poitou-Charentes.

Ces prises de position interviennent à la veille d'un Conseil national du PS qui doit tirer les premières leçons de la sévère défaite de la gauche à la présidentielle et préparer la campagne des législatives.

A sa permanence de campagne vendredi, Mme Royal s'est présentée "comme l'un des leaders de l'opposition". Elle refuse toujours de considérer la victoire de Nicolas Sarkozy comme une défaite. Selon elle, les 17 millions de voix recueillies le 6 mai constituent "un socle, un mouvement, un souffle qui autorise toutes les espérances".

Ségolène Royal a précisé qu'elle allait "s'engager pleinement dans la campagne des législatives", après avoir reçu énormément d'invitations de candidats à venir les soutenir. Quant à sa stratégie à l'égard du PS, "j'en parlerai le moment venu", a-t-elle ajouté, ne souhaitant pas provoquer "de la friture sur la ligne".

La candidate a justifié sa non-candidature aux législatives par le souci de "s'appliquer à elle-même le non-cumul des mandats", qu'elle avait défendu lors de la campagne. Certains de ses proches, comme Jean-Louis Bianco, avaient plaidé en ce sens, d'autres, tel Patrick Mennucci, ont dit "regretter" sa décision et espérer qu'elle "change d'avis".

Pour sa part, Dominique Strauss-Kahn continue de disputer à l'ex-candidate le terrain de "la rénovation". Jeudi soir, il s'est attaché à "redresser le message" qu'il avait envoyé dimanche en commentant sans détour l'échec des socialistes et qui avait été compris comme une critique de la candidate.

Lui rendant hommage pour avoir "fait bouger les lignes", il a concentré ses attaques sur le premier secrétaire François Hollande. Pour le député du Val-d'Oise, les sources de la défaite sont à rechercher dans "l'unanimisme comme stratégie et l'habileté comme méthode" au sein de la direction du PS.

Comme Mme Royal - qui avait glissé le 6 mai à quelques journalistes que M. Strauss-Kahn serait son Premier ministre si elle était élue -, l'ancien ministre affirme que "tout doit être remis à plat, tout doit être reconsidéré", et sans "tabou", pour reconstruire la gauche, qui se trouve selon lui dans la situation de 1969, avant la refondation du PS et après l'élimination du socialiste Gaston Defferre au 1er tour de la présidentielle.

Appelant ses amis à appeler un chat, un chat, et une défaite, une défaite, DSK entend dès maintenant travailler pour bâtir "une gauche efficace, une gauche crédible, une gauche concrète".

© 2007 AFP

Posté par sdj62 à 23:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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